Lookin’
Out
Premonition
2004
Le parcours de Terry
Callier est atypique. Il témoigne d’une vie passée entre gloire et jours sombres,
reconnaissance et oubli, passion et résignation. Le jeune Terry est un musicien prodige à 17
ans. Ses copains de quartier à Chicago ont pour nom Curtis
Mayfield, Jerry Butler et
Ramsey Lewis, les fondateurs des «
Impressions » avec qui il évolue dans un environnement artistique et politisé.
En 1964, Callier a la révélation de sa vie en assistant à un concert de John
Coltrane. Bien décidé à vivre de la musique, il devient le plus
jeune artiste signé chez Chess Records aux coté d’un certain
Muddy Waters. Malgré plusieurs succès, Callier se fait lourder
quand le label est racheté par GRP. Plus tard, au milieu des années 70, la même déconvenue
survient alors que l’artiste avait réalisé deux bons albums « Fire On Ice
» et « Turn You To Love » chez le
Elektra de Don Mizell qui se fait
virer par la même occasion.
En 1985, retournement de situation, Callier, papa d’une petite
fille, décide d’offrir à cette dernière une vie paisible à l’abri du besoin, en commençant des
études de sociologie, puis une formation d’informaticien à l’université de Chicago. Sa carrière
est mise de coté. A l’entendre parler de son passé, il se demande encore comment il a pu vivre
sans musique, mais il trouve très vite la réponse en pensant à sa fille. Parallèlement aux
études, il dégote de nombreux petits boulots dans un complet anonymat et se passionne pour
les religions et la méditation. A un tel point qu’il finit par épouser la philosophie Soufie qui lui
permet de développer une grande spiritualité. Il obtient son diplôme à 43 ans !
En 1990,
Callier revient sur le devant de la scène grâce à l’anglais Eddy Piller, fondateur du label
Acid Jazz Records ( big up Eddy ! ), qui lui propose de ré –
éditer un vieux 78 tours. C’est le succès et l’artiste devient une star en Angleterre. Sa carrière
redémarre et il se fait produire par des gens qui ne l’avaient pas oublié comme Brian Bacchus
avec qui il sort « Time Peace » à l’occasion de la première
guerre en Irak. Œuvre pour la paix pour laquelle il est récompensé par l’ONU. Mais comme il
accumule les pépins, il se fait virer de son travail de l’époque quelques jours plus tard.
Mais
la légende a ressuscité et la maquette du projet « Lookin’ Out » plaît à
Universal Classics qui décide de produire l’album. Les
« Goin’ In The Right Direction », « Nobody »,
« Why Should I Feel Lonely », «
Problems » ou « Run For Your Life » sont autant
de titres qui racontent ce long parcours atypique. Terry Callier y dépose la profondeur de la
Soul, la détresse du Blues, la fraîcheur de la Funk et la légèreté du Jazz. Il démontre ainsi que
la valeur n’attend pas le nombre des années.
Freeworker
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