Je fais écho ici à une conversation qu'il y a sur Fonkadelica :
Pourquoi le funk français ne décolle pas ? http://www.fonkadelica.com/forum/viewtopic.php?t=2761
et auquel j'ai apporté la réponse suivante,
les artistes et groupes sont grandement invité à répondre :
toujours pas de réponse ? en tout cas toujours pas de solution ? c'est surtout ça qui est bien dommage.....
Faudrait déjà se fixer un but.
Parlons du côté "mélomane"
A Paris, la situation est plutôt pas mal, des concerts et des soirées chaque mois. Pour qui peut écouter des années 60 aux années 2000, il y a du disque à acheter, sans compter les DVD, les lives, les compilations.
Franchement, financièrement je ne peux pas suivre et acheter tout ce qui sort, ni aller à tous les concerts. A moins d'avoir un budget de 1000 euros pour ça.
Côté net, entre les radios, les blogs, les myspaces, les webzines pour l'actu, les forums et autres sites web, tu peux passer ta journée à écouter du son et lire. J'ai passé mon mois d'octobre
à plein temps sans pouvoir suivre l'actualité en direct
Côté Culturel
Le funk est mal connu, mal perçu et je vous renvoies vers la thèse de Vincent Sermet qui explique le blackout médiatique en France dans les années 70 qui est en grande partie responsable de cette situation.
Les radios libres début 80 ont amené le funk 80 au public, le hip hop a fait concurence et attiré la jeunesse. Le son était dans les mains des djs et collectionneurs/boutiques qui écumaient les brocantes et conventions. Donc : c'est resté confidentiel.
P Bone a évoqué cette histoire de cul serré, c’est vrai dans une certaines mesures mais des musiques comme le ragga où tu danse de manière on ne peut plus suggestive ou le zouk collé/serré (Alice ça glisse, ça a cartonné non ?) sont connues non ?
Pourquoi des finlandais ou des allemands arrivent à sonner comme des mecs des années 7o et qu’en France c’est (presque) pas possible ?
Je suis d’accord avec Christian, la majorité de groupe ont un son funk/pop/rock avec un chant variété. Ce qui n’est pas le cas de la scène soul/nu soul où les chanteurs et chanteuses que j’ai eu l’occasion d’entendre sonnent soul/gospel et ne font pas de la pop.
Côté artiste
C'est là que le mât blesse.
Les labels, les organisateurs, sont avant tout des entreprises qui ont besoin de vendre un produit potentiellement "achetable".
Si le public ne suit pas c'est la faillite.
Sortir un disque d'un groupe français estampillé "funk" est une énorme prise de risque, de même que d'organiser un concert d'un groupe pas connu ( Osaka Monorail ne passe pas à Paris ni Nicole Willis pour ces raisons).
Certes les médias traditionnels (presse/radio/Tv) n'en parlent pas (quoiqu'il y ait eu quelques articles mais sur la SOUL) mais à qui la faute ?
Tous ces groupes français font il tout ce qu'il faut pour se faire connaître ? Combien sont assez professionnels ? Combien serait prêts à payer un attaché de presse ou une scéance photo ? Combien on un press kit à fournir ?
Pour ne parler que du cas wegofunk, je lutte chaque jour pour avoir ne serait ce que les dates de concerts.
Les artistes pensent encore que c'est à moi de parler d'eux mais c' est juste pas possible en terme de temps et de travail à fournir. Y’a plus de 150 groupes funk français, passer 2 heures sur chaque pour lire leur site et faire un article, faites la somme d’heures de travail, sans compter le temps pour aller aux concerts.
Et puis faire une interview d’un groupe qui a 6 mois d’existence ça a quel intérêt quand on n’a déjà pas les interviews d’artistes qui ont 10 ans de carrière derrière eux ?
Chacun voit midi à sa porte, certes. Amiga se plaint qu’il n’y a pas d’article sur lui dans Muziq (je reprends juste l’exemple cité au début ça marche avec n’importequel groupe).
Ok, mais ensuite le mec qui l’article, il n’y a plus de cd à acheter, c’est compliqué car ils sont vendus dans des points de vente précis ou sur le net avec des frais de ports elevés. Y’a pas de concerts derrière ou muziq ne reçoit pas l’info à temps pour l’annoncer.
Bref, c’est pas, mais pas du tout facile de bosser correctement avec les artistes français. Y’a un manque de professionnalisme évident.
Solution :
Obtenir un financement de l’état pour pouvoir créer une structure qui s’occupe de cette scène (ça existe pour le rock, pour les musiques actuelles, etc…)
Apporter un soutien technique et logistique aux groupes pour les aider à se professionnaliser, communiquer, etc… en travaillant en étroite collaboration avec médias et salles de spectacles
Communiquer encore et toujours sur le funk.
Travailler en amont et en aval et arrêter de se plaindre !
C’est pas que la faute des majors. Tout le monde est responsable !